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Handisport - Arnaud Assoumani vise l’or à Rio

par La rédaction

Arnaud Assoumani a arraché sa qualification dans la douleur. Mais l’athlète français est convaincu que le meilleur reste à venir. Il affirme aussi pouvoir aller chercher le titre du saut en longueur au Brésil.    

Pour réécrire l’histoire, Arnaud Assoumani est revenu à des valeurs sûres. L’athlète de Nantes Métropole Athlétisme (en valide), champion paralympique du saut en longueur à Pékin et vice-champion en saut en longueur et triple saut à Londres, a choisi de retourner à l’Insep cette année. « C’était surtout d’un point de vue médical, précise l’athlète franco-comorien, né sans avant-bras gauche, il y a 30 ans à Orsay. A un an des Jeux, je ne voulais plus être à tester des formules. Il fallait quelque chose qui fonctionne. »

Son rêve américain

Après les Jeux 2012, Arnaud Assoumani décide de vivre son rêve américain. Une première saison à Santa Monica, au Atra Club puis deux autres à Chula Vista, au centre olympique et paralympique, situé au Sud de San Diego, en Californie.  « J’étais avec l’un des meilleurs groupes de saut au monde, assure-t-il. Il y avait Brittney Reese ou encore Will Claye. J’ai connu de très bonnes phases mais je n’ai jamais pu m’exprimer et montrer la qualité du travail effectué en compétition. » La faute à un nouveau cycle de blessures : arrachement de deux ligaments de la cheville droite en 2013, fissure du tendon d’Achille l’année suivante, multiples déchirures musculaires ensuite et soucis des nerfs de la hanche… « Comme avant Pékin 2008, j’ai connu trois ans et demi de trucs vraiment pas sympas. »  Des moments de souffrance et de doutes qui auraient pu le pousser à abandonner. Mais ce n’est pas le genre de la maison. « Aux États-Unis, j’ai aimé la mentalité toujours positive. Cela me correspond bien. J’ai aussi pu relativiser par rapport à d’autres épreuves vécues comme la disparition de certains proches. »

Stievenart en mentor

De retour en France, l’athlète du Team EDF est aussi revenu à une tête connue pour son entraînement. A savoir celle de Jean-Hervé Stievenart, spécialiste du saut et notamment du triple saut. « J’avais déjà travaillé avec lui en 2010 quand je bossais avec Guy Ontanon, explique le sauteur franco-comorien. Mais Stiev, comme on l’appelle, ne s’occupait que de ma technique de saut. Cela nous avait un peu frustrés. On avait un peu le sentiment de ne pas être allé au bout de l’aventure. » Au quotidien, Arnaud Assoumani travaille donc avec Benjamin Compaoré et Harold Correa, tous deux qualifiés pour les JO. « Nous sommes cinq mais je suis le seul sauteur en longueur », poursuit le quadruple médaillé paralympique.

« Les indicateurs montrent que je suis en grande forme »

Qualifié dans la douleur avec un saut à 6,89 m, soit près d’un mètre sous son record (7,82 m), Arnaud Assoumani aspire désormais à vivre le meilleur. « Ce saut très moyen est finalement encourageant quand on connaît les conditions dans lesquelles je l’ai effectué. La course d’élan était réduite et je souffrais du plantaire-grêle. Aujourd’hui, tout va bien physiquement et les indicateurs montrent que je suis en grande forme. Il me faut donc mettre du spécifique dans mes entraînements et ça va le faire. Je vais à Rio pour gagner l’or. La dynamique est positive. » Soulagé d’aller à Rio, où il sera soutenu par sa famille et des amis, Arnaud Assoumani dispose de deux mois pour retrouver toutes ses sensations afin d’en créer une nouvelle sur le stade paralympique de Rio en septembre. « Il est temps que tout le travail effectué et les expériences vécues ces dernières années paient. »   

Jérôme Savary