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Handisport

Handisport - Cabestany à Rio pour transformer l’essai

par La rédaction

Ancien n° 4 Français en valide, le pongiste de Hyères Toulon Cédrik Cabestany a retrouvé l’envie de se projeter sportivement en intégrant l’équipe de France handisport en 2009. Après une quatrième place à Londres, il rêve de podium aux Jeux paralympiques de Rio (7-18 septembre).

Cette fois, il connaît. Cédrik Cabestany, 37 ans, arrive prêt aux Jeux paralympiques de Rio qui débutent le 7 septembre. Le pongiste français, médaillé en chocolat il y a quatre ans à Londres, a mis en place pas mal de choses pour franchir le palier qui le sépare du podium. « En 2012, je n’avais pas mesuré l’importance de certains paramètres, explique le natif de Perpignan. Notamment le fait que ma femme, mes parents et quelques proches allaient me voir jouer pour la première fois en handisport. La veille du début des épreuves, j’ai beaucoup pleuré et perdu pas mal d’influx nerveux. » Trop proche des matches couperet et notamment cette petite finale perdue contre le Hollandais Gerben Last (1-3).

Ancien top joueur valide

Juste avant son entrée en lice, Cédrik Cabestany, qui pensait avoir fait le deuil de son glorieux passé valide, a retracé son parcours. Les raisons pour lesquelles il se retrouvait à disputer les Jeux paralympiques. Aussi belle soit-elle, cette épreuve le ramenait à la réalité. Celle d’un ancien top joueur tricolore, champion d’Europe par équipe en 2004 avec les Bleus et avec son club de Levallois, vainqueur du Top 12 National valide, tombeur de légendes comme le Suédois Jan-Ove Waldner ou le Grec Kalinikos Kreanga, champion olympique 1992 et médaillé de bronze aux Mondiaux 2003, victime d’une dystonie de fonction appelée plus simplement la crampe du pianiste. « Cela provoque des gestes parasites et des contractions involontaires et non maîtrisées du bras. C’est une maladie neurologique et évolutive. » Apparue lors de sa dernière saison à la Vaillante Angers, un club avec lequel il a gagné la deuxième Coupe d’Europe des clubs (l’équivalent de la Ligue Europa au football), il doit prématurément mettre fin à sa carrière professionnelle.

Ce n’est que trois ans après, en 2009, lorsque le diagnostic est posé, qu’il se tourne vers le handisport. « Bien aidé en cela par Thierry Garofalo », une figure du ping handisport que le natif de Perpignan a connu gamin, alors qu’il fourbissait ses armes à Montpellier.

Entraîneur national à l’Insep

Fort de son expérience de joueur valide et de son statut d’entraîneur de l’équipe de France senior valide depuis 2013, il progresse dans la hiérarchie mondiale mais doit faire face à de la jalousie mal placée. « Certains pensaient que je faisais exprès de jouer comme ça. Finalement, perdre en match 3-4 à Londres a sonné comme une victoire. Tout le monde a vu que je ne faisais rien de miraculeux sous prétexte qu’une médaille paralympique était en jeu. J’ai enfin eu le sentiment d’être intégré. »

Depuis, il a continué à bosser tout en tenant compte de sa maladie qui l’empêche de répéter les mouvements. Pas simple lorsque l’on connaît l’importance des gammes en tennis de table. Depuis le début de l’année 2016, prudemment, il ose de nouvelles choses comme jouer davantage en coup droit pour augmenter ses chances de surprendre ses adversaires et surtout élargir sa palette pour rivaliser avec les meilleurs qui ne cessent de progresser. « Ce n’est pas aisé car il me faut trouver le bon compromis entre mon revers qui est mon coup fort et que j’utilisais en permanence depuis quatre ou cinq ans et mon coup droit. Il doit m’apporter quelque chose mais parfois, je ne fais pas le bon choix car je manque d’habitude. » Remis en condition, après une prise en charge digne des époques où il brillait en valide, Cédrik Cabestany, grand amateur de bons vins et fine gastronomie, s’est donné les moyens de revenir médaillé de Rio. En simple et par équipe, où il a de réelles chances avec Matéo Bohéas. « Pour vaincre les autres, il faut d’abord se vaincre soi-même. J’aime cette devise. Aujourd’hui, je me suis prouvé que je pouvais m’astreindre à une vraie préparation de haut niveau. Je suis donc prêt à essayer de vaincre les autres. »                   

Jérôme Savary