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Handisport - Cyril Moré : « Les Jeux sont toute ma vie »

par La rédaction

L’ancien escrimeur et skieur de l’équipe de France handisport, quintuple médaillé d’or en escrime, sera à nouveau consultant pour France Télévisions durant les Jeux paralympiques de Rio (7-18 septembre).   

France Télévisions a décidé d’augmenter les temps de diffusion des Jeux paralympiques. Après les Jeux d’hiver de Sotchi 2014, ceux de Rio seront les premiers Jeux d’été à être retransmis en direct. A raison de neuf ou dix heures par jour. Cyril Moré, déjà consultant à Londres en 2012 où France Télévisions avait surtout mis en boîte des magazines et des JT, sera à nouveau mis à contribution. Pour son plus grand bonheur.  

Cyril Moré, comment vous êtes-vous retrouvé consultant des Jeux paralympiques ?  
En 2012, je venais de quitter l’équipe de France d’escrime alors j’ai proposé mes services à France Télévisions. Il n’y a pas plus frais. J’aime parler de ce que l’on fait, parler de la technicité du sport, de l’intimité de l’athlète. J’avais déjà officié comme consultant lors des championnats du monde d’escrimé organisés au Grand Palais de Paris pour une autre chaîne. J’avais d’ailleurs été consultant sur des épreuves valides. 

Le rôle du consultant sur des épreuves paralympiques est-il exactement le même que lors des JO ?
Pas complètement. Notre rôle est de capter et intéresser les spectateurs qui vont regarder les programmes par hasard.

Comment y parvenir ?
Il faut être dynamique, percutant, pédagogique et marrant parfois aussi. On doit apporter de la fraîcheur. Et ce petit truc en plus : quand le sport va être difficile à comprendre et à appréhender pour les valides, que le handicap va être difficile à regarder, le rôle du consultant est de dédramatiser, mettre en relief, sortir d’un certain contexte pour installer une dynamique sportive, une dynamique de supporters des Français aussi. IL convient aussi de mettre en perspective les performances par rapport aux incidences du handicap sur celles-ci. Changer le regard des téléspectateurs, leur donner envie de rester sur la chaîne et d’y revenir volontairement.

Aux Jeux paralympiques d’hiver de Sotchi, en 2014, il y avait déjà eu du direct sur les chaînes du service public. Nous sommes dans la continuité…
Sotchi 2014 avait laissé davantage de place pour le direct. Sur les Jeux paralympiques d’été, ce sera une première. Cette année,  il y a une vraie équipe de consultants : pour la plupart d’anciens sportifs ayant participé aux Jeux paralympiques. Mais aussi des valides de renom puisque Stéphane Diagana (athlétisme) et Lucie Decosse (judo) apporteront aussi leur expertise. Ça bouge dans le bon sens. Je suis ravi de ça car le plus important est de mettre en valeur les Jeux paralympiques. C’est primordial  car ils ont une incidence sur le quotidien des athlètes handisport qui n’ont parfois que ça pour s’en sortir. Il se passe des choses géniales lors des paralympiques. Il faut que ça se sache.

Le regard sur les Jeux change-t-il lorsque l’on passe du statut de joueur à celui de consultant ?
Je bosse à l’IPC sur les Jeux de Paris 2024. Finalement, les Jeux sont toute ma vie. Ce qui m’a frappé durant cette épreuve, c’est de voir tout ce monde réuni dans la fraternité, la bonne humeur et la paix. Les performances sportives ça joue, mais ce qui me touche le plus, c’est tout le reste. C’est l’humain. C’est ce qui m’a porté jusque-là et ça me donne envie d’y retourner.

Cette sensation n’est-elle pas plus forte en tant qu’observateur privilégié qu’en tant que sportif ?
A Londres, c’était la première fois que je n’étais pas aux Jeux comme sportif depuis 1996, à Atlanta. Certes, il y a eu un petit pincement mais je me suis aussi régalé car tous les jours j’avais des médailles d’or à célébrer. Au cyclisme, au tennis de table, on est plongé au cœur de l’ambiance des Jeux. Je ne me limitais plus aux médailles gagnées par les escrimeurs. Le rôle ce consultant offre cette vraie chance. Évidemment, tu n’es pas le champion, mais tu vis ces moments comme témoin. J’ai le souvenir d’avoir interviewé Laurent Thirion et après sa médaille de bronze sur l’anneau de vitesse. C’est comme si je l’avais un peu vécue cette médaille. Et ça tu peux le vivre tous jours, et même plusieurs fois par jour, chose que tu ne peux pas vivre quand tu es athlète. Enfin, on a aussi notre compétition qui consiste à faire découvrir et aimer le handicap.

Que change le direct ?
Les directs permettent de parler de ce que l’on a fait. Avant, on ne montrait que la médaille, le dernier point, les derniers mètres d’une course. A Sotchi, on a vu l’importance du direct car cela crée une histoire que l’on peut partager avec les proches restés en France. On peut la continuer aussi. C’est donc majeur de savoir que France TV va diffuser entre 9 et 10 heures de direct par jour.

Jérôme Savary