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Handisport

Handisport – Lelong : « J’avais envie de me mettre en danger »

par La rédaction

Conseiller technique de la région Centre depuis dix ans, Stéphane Lelong (38 ans) a accepté le poste de Directeur sportif de tennis de table pour la Fédération Française Handisport. Il remplace Sébastien Messager qui va l’épauler cette saison.

Comment se retrouve-t-on directeur sportif du tennis de table pour la FFH ?
Il y a quelques mois, Sébastien Messager a songé à moi pour prendre sa suite. Il m’a fallu du temps de réflexion avant de m’engager. Il y a quinze ans que je travaille pour la Ligue Centre. J’avais mes habitudes, un certain confort de travail. Avec trios enfants dont un en très bas-âge, ce n’est pas anodin. Mais j’ai vu en cette opportunité l’occasion de relever un nouveau défi. De me tester et acquérir de nouvelles compétences. J’avais envie de me mettre en danger.

Avez-vous connu des expériences auprès du milieu handisport ?
Avec le recul, je me rends compte que le handisport a toujours été plus ou moins présent dans mon parcours. Lorsque j’ai commencé le tennis de table, à Chartres TT, j’ai fourbi mes armes avec un joueur assez âgé et un autre en fauteuil roulant, Pascal Thavard. Puis lorsque je suis arrivé dans l’encadrement à Tours, j’ai entraîné Marie-Christine Filloux, une joueuse en fauteuil roulant qui voulait mettre les bouchées doubles pour intégrer l’équipe de France. Je me suis donc mis dans un fauteuil pour relancer. Et lorsque j’ai mis en place le Ping Tour, une manifestation populaire qui s’installe dans différents centres villes en France pour mettre un coup de projecteur sur la discipline, j’ai proposé un volet handisport.

Comment se passe vos débuts ?
J’ai commencé le 1er septembre 2016. Ce n’était pas simple car tout le monde, staff et joueurs, étaient aux Jeux paralympiques de Rio. Les Jeux, dans leur ensemble, m’ont d’ailleurs impressionné. Les sportifs ont affiché une telle envie, une telle volonté de se dépasser. Je suis très sensible à ces deux valeurs. En ce qui concerne ma prise de fonction, tout s’est accéléré à la fin du mois de septembre. Formations, prises de contact avec les joueurs et le staff… Maintenant, je ne veux pas aller trop vite en besogne.

« Je ne vais pas tout révolutionner »

Quels sont vos idées, vos espérances ?
Actuellement, j’écoute, je mesure les choses, je prends acte. Je ne veux pas aller trop vite. Je suis un perfectionniste. Par expérience, je sais que des décisions prises à la va-vite sont rarement très bonnes. Je ne vais pas tout révolutionner. Cette année, je vais donc me donner le temps surtout que septembre 2017 va être déterminant : il va y avoir les premiers championnats du monde par équipe, les championnats d’Europe et l’annonce de la ville hôte des Jeux 2024. Le choix ou non de Paris va forcément conditionner beaucoup de choses. Tous ces éléments vont me faire entrer pleinement dans la fonction, même si déjà il a fallu que je passe la vitesse supérieure pour donner certaines listes à différentes instances nationales et/ou politiques du sport. 

Néanmoins, avez-vous déjà défini quelques axes prioritaires ?
Le DS doit vraiment avoir un regard global sur sa discipline. Je n’ai jamais été trop axé haut niveau. Je devrais donc laisser cette mission à mon DS adjoint comme cela est prévu. Mon idée, toutefois, serait de parvenir à moyen terme, à mettre sur pieds une structure permanente, tel un pôle, où les joueurs peuvent s’entraîner et vivre au quotidien. Après, la Fédération Française de Tennis de Table va demander la délégation. Je ne sais pas ce qu’il en sera mais cela favorise mon ambition de rapprocher les publics et facilitant l’accueil des personnes en situation de handicap dans les clubs valides. Il me semble aussi que l’on doit développer notre communication, en interne (vers les joueurs et les autres membres de la commission tennis de table) et en externe. Nous rapprocher encore des centres de rééducation pour élargir encore notre base.

Jérôme Savary