Le 10 Sport pour iPhone et iPad Télécharger sur l'App Store
Handisport

Handisport : Les paralympiques ont (enfin) la cote !

par La rédaction

Les Jeux paralympiques d’été ont bénéficié d’une couverture médiatique sans précédent. Les dix heures quotidiennes de direct assurées par France Télévisions, cumulées aux reportages et aux journaux d’infos ont apporté une autre visibilité au mouvement handisport et à ses sportifs.

« Cela fait bizarre d’être reconnu et félicité par une caissière dans un centre commercial. » Le skipper français, Damien Seguin, champion paralympique en 2.4 à Rio et mis sous les feux des projecteurs sur le plateau de France Télé lors du dernier dimanche des Jeux, découvre avec plaisir les joies de la notoriété. D’autant que celle-ci n’est pas non plus intrusive et étouffante.

Des sportifs « bankable »

Salués au restaurant par des clients dont les enfants n’hésitent pas à demander des autographes, invités à débattre sur le handicap, à raconter leur expérience dans les entreprises et dans des écoles… Aujourd’hui, encore plus qu’avant, les sportifs paralympiques ont la cote. Une  raie cote de popularité. « Je reçois au moins une sollicitation par jour, assure le pongiste Jean-François Ducay, médaillé d’or par équipe au Brésil. Les retours sont sans commune mesure avec ce que l’on a connu au retour de Pékin et même de Londres. » Pourtant, le Limousin avait été médaillé d’argent en simple en Angleterre. Aujourd’hui, les athlètes handisports sont « bankable ». Surtout, ils sont identifiés. « Leur présence dans une manifestation suscite de l’intérêt » explique-t-on à la Fédération Française Handisport. Notamment les têtes d’affiche comme les athlètes Marie-Amélie Le Fur et Nantenin Keita, très exposées ou encore la judokate Sandrine Aurières-Martinet et le pongiste Fabien Lamirault, double médaillé d’or.    

Les retransmissions des épreuves en direct ont permis au grand public de mesurer l’investissement des sportifs pour aller chercher l’or paralympique. Ces images ont fixé des émotions, des sourires, des larmes et surtout prouvé que ces performances ne sont en aucun cas des perfs au rabais. « J’habite un petit village et mes voisines ne savaient pas exactement ce que les Jeux paralympiques représentaient. Grâce à la couverture des Jeux à la télé, elles ont vu et appris à aimer. Elles n’ont pas manqué de me le faire savoir », plaisante Élodie Lorandi, deux fois médaillée de bronze sur 100 m et 400 m nage libre.

Tout le monde en a parlé

Le succès populaire – 1,2 million de téléspectateurs ont suivi la cérémonie d’ouverture à 1 h du matin et l’audimat entre 22 h 30 et minuit et demi est grimpé jusqu’à 1,6 million de téléspectateurs (ils étaient environ 3 millions sur les mêmes créneaux horaires pour les J.O.) – a incité les autres médias français a évoqué les Jeux paralympiques. « On ne pouvait pas allumer la télé ou la radio sans entendre parler des Jeux paralympiques », apprécie un membre de la cellule communication de la FFH. La presse écrite nationale a suivi. En revanche, aucun nouveau média n’est entré dans la danse.

Contrairement aux éditions précédentes, le retour n’as pas été synonyme de raz de marée médiatique. « C’est logique, le travail a été fait et bien fait pendant les Jeux. Les médias n’avaient donc pas le sentiment de devoir se rattraper en invitant les sportifs paralympiques à leur retour, décrypte encore un attaché de presse de la FFH. Le traitement s’est donc rapproché de celui mis en place pour les valides. Quelques têtes d’affiche ont fait quelques plateaux mais cela n’avait rien à voir avec ce que l’on a vécu au retour des Jeux paralympiques d’hiver 2014. » Marie Bochet, quadruple médaillée d’or, avait fait face à un vrai tourbillon médiatique. Un marathon même.    

Jérôme Savary