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Handisport

Handisport - Matéo Bohéas grandit vite

par La rédaction

Le pongiste Français, 19 ans, vainqueur des Opens à Lasko (Slovénie) et Brastislava (Slovaquie) s’est ouvert les portes du Top 4 mondial. Idéal avant les Jeux paralympiques de Rio (7-18 septembre).

Où s’arrêtera-t-il ? A 19 ans, Matéo Bohéas, en lice aux championnats de France disputés à Lyon samedi 21 et dimanche 22 mai, est en train de s’installer solidement dans le gratin du tennis de table handisport mondial. Qualifié pour les Jeux paralympiques de Rio (7-18 septembre), ses premiers Jeux, il s’affirme comme un prétendant de plus en plus sérieux pour le podium. En Slovénie, à Lasko, puis en Slovaquie, à Brastislava, deux opens coefficient 40, le Nantais licencié à La Vaillante Angers, s’est imposé. Certes, le numéro un mondial, le Polonais Chojnowski n’était pas là, mais le Français a quand même signé de belles performances.

Des réactions saines et efficaces

En Slovénie, Matéo Bohéas, numéro 6 mondial, s’est offert deux Chinois, Lian Hao, n° 7 mondial, en poule puis en finale. « En poule, j’étais pourtant mené deux manches à une et je ne jouais pas terrible, reconnaît-il. Mais bien coaché, je me suis mis à tenter des choses nouvelles et cela a fonctionné. En finale, j’ai remis en place la tactique utilisée à la fin de la partie des poules et cela a payé. » C’est le moins que l’on puisse dire puisque Matéo Bohéas s’est imposé 3-0 en finale.

Avant, il s’était offert deux perfs de choix aux dépens, en quart de finale de Ge, n° 3 mondial en quart de finale et de l’Espagnol Ruiz (n° 5 mondial) en demi-finale. « Je n’étais pas très heureux de jouer contre lui dès les quarts, mais comme il avait perdu un match en poule, je me suis dit qu’il y avait de la place. Avec la confiance, j’ai ensuite battu Ruiz, contre qui j’avais toujours perdu. »

Mais le Français a démontré « une grande maturité », selon Jérôme Humbert, directeur sportif adjoint du tennis de table en charge du haut niveau à la Fédération Française Handisport pour enchaîner avec un succès à Bratislava. En Slovaquie, le jeune Bleu avait « un a priori, explique-t-il. L’an dernier, j’avais sans doute réalisé mon moins bon tournoi. Je n’aime pas trop les conditions de jeu. Elles diffèrent beaucoup de celles de Lasko et les deux épreuves sont très rapprochées. »

Cela explique entre autres pourquoi le Français a perdu contre l’Autrichien Gardos, seulement n° 13 mondial en poule. « Son classement mondial ne reflète pas sa vraie valeur, tempère Bohéas. Et pour ma part, j’étais nerveux, je me suis pris la tête. » Deuxième de poule, il sort quand même, renverse l’Anglais Daybell qui menait 2-0 en demi-finale et prend sa revanche contre Gardos en finale (3-0). « J’avais à cœur de le retrouver pour lui prouver mon vrai niveau. »

Le travail paie déjà

Ces deux succès, qui lui permettent d’entrer dans le Top 4 mondial, sont prometteurs en vue des Championnats de France, où il tentera de gagner pour la troisième fois de suite et la quatrième fois en cinq ans. Surtout, ils récompensent le travail effectué ces derniers mois. « Après avoir décroché ma qualification, il m’a fallu décompresser un peu. C’était normal et nécessaire. Mais dès que je me suis remis dans la préparation, j’ai ciblé deux temps forts. Ces tournois puis le Jeux. » Au menu davantage de travail physique, plus d’exercices fonciers aussi. « Je fais du footing, un aspect du physique que je n’aime pas trop, je cherche aussi des exercices dans lesquels je suis moins à l’aise. Aussi, je ne me comporte plus comme un relanceur de la Ligue des Pays de la Loire mais comme un joueur du groupe. Je fais donc les mêmes exercices que les jeunes, tant avant les séances que pendant. »

Matéo Bohéas travaille aussi le mental avec une préparation spécifique. Les premiers fruits tombent. Reste à poursuivre sur cette lancée.

Jérôme Savary