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Handisport

JO RIO 2016 – Handisport – Assman : «Les difficultés nous transcendent»

par La rédaction

Présidente du Comité Paralympique Français depuis 2013, l’ancienne escrimeuse Emmanuelle Assman, médaillée au Jeux d’Athènes 2004, assure que tout sera mis en œuvre pour préserver les sportifs et leur permettre de s’exprimer pleinement à Rio du 7 au 18 septembre.

Emmanuelle Assmann, les Jeux paralympiques de Rio ont-ils été réellement menacés ?
Jamais le Comité International Paralympique n’a remis en cause la tenue des Jeux officiellement. L’objectif du conseil d’administration de l’IPC a, en revanche, organisé de nombreuses réunions avec le comité d’organisation des Jeux de Rio 2016, le maire de Rio et même le Président du Brésil pour s’assurer que les sportifs seraient préservés. Qu’ils seraient dans les meilleures conditions possibles pour proposer le meilleur spectacle possible. J’ai confiance dans les différentes instances concernées pour que ce soit le cas. C’est aussi pour ça que certains sports ont été déplacés (l’escrime ramenée à Barra). 

Les athlètes peuvent quand même être inquiets ?
Ils vont devoir s’adapter, c’est évident. Les maîtres-mots seront adaptation et adaptabilité. Après, les difficultés ont tendance à nous transcender, nous les personnes en situation de handicap. Cela fait partie de notre ADN.

Mais des retards, des attentes interminables… peuvent avoir des conséquences sur la santé des athlètes paralympiques.
Les conditions seront les mêmes pour tous. Il faudra donc que chacun parvienne à rester dans sa bulle, dans son objectif de médaille. Ne pas se détourner du chemin. Les sports de plein air sont habitués à des changements de programmation. Toute la délégation devra s’en inspirer. Nous, les encadrants, nous devrons aussi tout faire pour les mettre dans les meilleures dispositions.   

« On a vécu un petit miracle à Londres »

L’affluence a été très moyenne aux JO. Ne craignez-vous pas un flop de ce côté-là pour les Jeux paralympiques ?
On a vécu un petit miracle à Londres avec des salles et des stades plein en permanence. Evidemment, à chaque Jeux paralympiques, la question se pose. Les Brésiliens, c’est vrai, ne sont pas fans de tous les sports que les Jeux offrent, mais j’ai aussi vu un public très participatif à Rio. Je pense que le mouvement paralympique, par sa force, celle de toujours réussir à créer un vrai échange avec la population hôte d’un événement peut réussir à créer une forme d’engouement.

La France peut-elle atteindre le top 10 mondial souhaité par le Ministère ?
Nous avons resserré la délégation et augmenté les exigences des critères de sélection. Les 126 sportifs, retenus et engagés dans 17 disciplines différentes (sur 23 possibles), sont tous potentiellement médaillables. Après, les Jeux apportent toujours leurs lots de surprises bonnes et moins bonnes. Nous allons essayer d’effacer le traumatisme de Londres où nous avons vu de nombreuses médailles d’or se transformer en argent. On aimerait que cette fois ça bascule en or de notre côté.

L’exclusion des athlètes russes, confirmée par le Tribunal Arbitral du Sport, pourrait compliquer encore la tâche des Français ?
Je ne raisonne pas ainsi, en me disant que l’exclusion des Russes va redistribuer les cartes pour un pays ou un autre. Cette décision est très triste pour l’ensemble du mouvement paralympique. Il est primordial de trouver des solutions pour que cela ne se reproduise plus jamais.

« Michaël Jeremiasz a les épaules »

Pourquoi l’IPC a-t-il pris une décision différente du CIO ?
Je n’étais pas dans les bureaux du conseil d’administration quand il a pris cette décision mais elle a été prise à l’unanimité. Il ne faut pas comparer les deux dossiers. Chaque instance a jugé par rapport à des dossiers différents. J’ai une entière confiance dans les instances paralympiques.    

Un mot sur le porte-drapeau, le tennisman Michaël Jeremiasz ?
Il était important de nous de choisir un athlète qui avait déjà été champion paralympique, qui avait l’expérience des Jeux car sur certains sports notre équipe est jeune. Il va donc pouvoir les accompagner et les entourer pour les aider à atteindre le meilleur résultat possible. On avait aussi de choisir quelqu’un que l’on ne mettrait pas en difficulté ou en danger sur la chance de médaille d’or immanquable et inratable. Michaël a les épaules pour assumer ses ambitions sportives et porter cette responsabilité vis-à-vis des médias puisque les Jeux restent vitrine importante pour le mouvement. Notre porte-drapeau doit donc pouvoir porter le message. Michaël a aussi cette générosité il a envie de partager avec tout le monde. Et enfin, il a l’envie, la pêche et il sait l’exprimer pour fédérer.

Jérôme Savary