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Handball

Handball - Guigou : «Je vais faire le Mondial et après, on verra…»

par Amadou Diawara

Mickaël Guigou entame sa dixième-huitième saison avec le Montpellier Handball. Équipe de France, fin de carrière, reconversion, l’athlète du Team Caisse d’Epargne n’a laissé plané aucun mystère sur son avenir.

Vous faites partie du Team Caisse d’Épargne, qui a brillé aux derniers Jeux de Rio. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Le Team Caisse d’Epargne, c’est une belle équipe, formée d’athlètes de chaque discipline. Ça nous permet de côtoyer certains athlètes, d’en re-côtoyer d’autres, comme Fabien Gilot (vice-champion olympique du 4x100m nage libre) à Marseille. On a l’impression de faire partie d’une petite équipe à l’intérieur de l’équipe olympique. On est soucieux des nouvelles des uns et des autres. En plus, on a tous des calendriers différents. C’est une belle expérience.
 
Vous êtes rentré en France avec une médaille mais avez-vous digéré la défaite en finale des Jeux (contre le Danemark) ?
Non. On était parti pour la gagner et tout autre résultat était, pour moi, une contre-performance. Même si, en reprenant la compétition dans son ensemble, on aurait pu, peut-être, se faire éliminer plus tôt. On a été en difficulté par moment, on a traîné un peu aussi parfois et je crois qu’on n’a pas réussi à être assez régulier pour pouvoir l’emporter. C’est bien dommage et je le regrette.

Avec le recul, que vous-a-t-il manqué dans cette finale des JO ?
Beaucoup et peu de choses à la fois. On est bien rentrés dans notre finale, sans être exceptionnel. On était en train de dominer le Danemark et on a commencé à rater les shoots, eux ont commencé à avoir un peu plus de réussite. On finit très mal la première mi-temps et ils finissent par passer devant au score et psychologiquement. Sur la fin de la première mi-temps et au début de la deuxième, on a très très mal géré beaucoup de ballons. Même si on a réussi à revenir, on a perdu trop de balles. On est tombés contre une bonne équipe du Danemark mais je crois vraiment qu’on a déjoué tout seul. C’est d’autant plus rageant.

C’est plus une défaite française qu’une victoire danoise en fin de compte …
Contre le Danemark, on sait très bien que si les deux équipes jouent à leur meilleur niveau, on est censés être supérieur. Après, ils ont tout le mérite pour eux. Ils ont fait la finale qu’il fallait. Ils ont fait un très bon match mais je pense que de notre côté, on n’a pas été suffisamment bon pour l’emporter.

« J’ai entamé des études pour passer mon diplôme d’entraîneur »

Comment évaluez-vous vos prestations personnelles ?
Je suis très content, très fier de moi. Je regrette de ne pas avoir pu encore plus apporter, mais je suis satisfait de ma compétition, du début à la fin. Je suis fier de ce que j’ai fait, des efforts que j’ai pu donner. On n’est pas récompensé au maximum parce qu’on a une médaille d’argent, et ce n’est qu’une médaille d’argent, mais en tout cas je suis très content de moi. Je sors de cette compétition sans regret, même si on peut toujours faire mieux. Je suis très fier de ce que j’ai fait là-bas.

Malgré la défaite en finale, considérez-vous les JO comme une revanche de l’Euro ?
Ça veut dire que pour le Mondial, on aura une double revanche à tenir (rires). Ce n’est pas une revanche. Notre équipe est en train d’évoluer. On avait neuf joueurs qui n’avaient pas participé aux derniers Jeux Olympiques. Pour certains joueurs, c’était la première compétition. Pour toutes ces raisons-là… On a une équipe qui a changé. On a perdu en expérience. On a peut-être un peu vieilli aussi. Sur les Jeux Olympiques, on a été plus à la hauteur mais on ne l’a pas été suffisamment pour l’emporter.

Vous avez 34 ans. Pensez-vous qu’il s’agissait de vos derniers grands moments en Bleu ? Ou vous visez le Mondial 2017 en France ?
Le Mondial est dans cinq mois donc si j’ai été capable de faire les JO, je serai capable de faire le Mondial. La question se posera plus pour les compétitions qui viendront après, comme l’Euro 2018. Pour l’instant, je suis très concentré sur ce que j’ai à faire avec Montpellier : la Ligue des Champions, le Trophée des Champions et le championnat qui est très très solide. Je crois qu’on a entre 30 et 40 matchs d’ici le mois de janvier. J’aurais déjà beaucoup de choses avec Montpellier, après je vais faire le Mondial et ensuite on verra. J’essaie de ne pas me projeter à moyen voire à long terme. Je suis plus dans l’optique d’essayer de prendre du plaisir à court terme, que ce soit avec Montpellier ou avec l’équipe de France.

Vous étiez annoncé sur le départ, pourquoi êtes-vous finalement resté à Montpellier ?
Je pense qu’on était fait pour continuer l’aventure ensemble. Ça a été long et ça c’est fait, tout simplement. Je pense que c’est bien pour tout le monde, que ce soit pour le club et pour moi. Au final, le plus important est que j’ai continué. En plus, on s’est mis d’accord sur les six prochaines années. C’est quelque chose dont je suis fier. Quand j’aurais fini ma carrière sportive, je ferais une reconversion dans l’encadrement technique, des jeunes très certainement. J’ai entamé des études pour passer mon diplôme d’entraineur (DEL). Je suis très content. De ce côté-là, je peux voir à moyen terme même si pour l’instant, priorité au sportif.

« Je finirai ma carrière à Montpellier »

Avez-vous eu des sollicitations avant de vous décider à poursuivre avec votre club de toujours ?
Oui, j’en avais eu mais aujourd’hui tout ça est loin derrière moi. Je suis avec Montpellier. Je continue et je finirai ma carrière à Montpellier. Et c’est une très belle chose.
 
Vous avez débuté avec le MHB en 1999, qu’est-ce qui vous a poussé à rester fidèle à ce club ?
C’est un club qui est exigeant et qui veut gagner des titres. Un club très professionnel dans lequel on peut s’épanouir, se faire plaisir. Que ce soit au niveau des entraineurs, des salariés, des supporters. Il y a tout pour se faire plaisir à la fois sur le terrain et en dehors. Ma famille est présente, elle est originaire du Vaucluse. J’ai toujours eu tout ce que j’ai espéré à Montpellier. Je suis comblé d’avoir pu mener au mieux à la fois ma vie professionnelle et familial. J’en profite.

Vous avez un palmarès stratosphérique. Vous avez tout gagné, tant en club qu’en équipe de France, que vous manque-t-il ?
Il ne me manque rien (rires). Je peux encore étendre mon palmarès mais le plus important est de prendre du plaisir comme j’ai fait ce matin à l’entrainement. On a un métier formidable. S’amuser avec un ballon tous les jours même s’il y a des moments pas forcément évidents. Les déplacements sont un peu trop nombreux mais on a tellement d’avantages dans notre métier que j’essaie d’en profiter au maximum.

De nombreux jeunes ont rejoint le groupe France, lequel vous a le plus impressionné et pourquoi ?
Impressionné ? On va parler de Ludovic Fabregas. Il a fait ses premiers jeux olympiques. Il a fêté ses 20 ans pendant la préparation des JO. Il est pétri de talent. Il a très vite compris les exigences du haut niveau. Il nous apporte à Montpellier depuis 2 ans et il apportera très certainement pendant de nombreuses années en équipe de France. Il a fait une très belle compétition. Il fait partie des éléments qui vont nous permettre de viser des titres lors des prochaines saisons à la fois à Montpellier et en équipe de France.