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Médias - Tourriol (J+1) : « Avec Balotelli, on va se régaler »

par Alexis Bernard

Nicolas Tourriol a repris les rênes de « J+1 », l’émission bonbon des abonnés de Canal+. Orphelin d’Ibrahimovic, le programme désormais diffusé le dimanche à 23h15 va pouvoir se consoler avec l’arrivée très (très) très attendue de… Mario Balotelli.

Nicolas, soyons clair, il était impossible que « J+1 » s’arrête après une nouvelle saison d’exception ?
Il est vrai que « J+1 » devient, pour les abonnés et les amoureux du foot sur Canal, une émission référence. C’est un programme très apprécié, parce qu’il y a un ton différent. Nous traitons l’image autrement, avec un regard à part et une dose d’impertinence. Sincèrement, c’est un vrai plaisir de pouvoir présenter cette émission…

D’autant plus que vous étiez, et vous êtes toujours, un amoureux de « J+1 »…
Complètement ! Je fais partie des fans de l’émission depuis toujours. Je la regardais au départ, sur Canal+ Sport. Et j’étais systématiquement devant mon écran la saison dernière, lorsque Stéphane Guy était à la présentation. Donc vous imaginez mon bonheur de pouvoir la présenter

Après quelques entrées en jeu réussies la saison dernière, vous voilà titulaire indiscutable et capitaine de l’émission. Nécessairement, il y a une petite pression supplémentaire ?
Oui, mais ce brassard n’est pas lourd à porter. Il y a tellement de plaisir à préparer l’émission, à la présenter, que cette petite boule au ventre que l’on a toujours, c’est avant tout une boule d’enthousiasme, d’excitation, d’envie de bien faire. L’idée, c’est de poursuivre l’énorme travail qui est réalisé depuis plusieurs années. Poursuivre sur la dynamique, continuer à bosser chaque semaine et bien faire circuler le ballon. Voilà, c’est ça : poursuivre la mise en place tactique de la semaine et se faire plaisir le dimanche (sourire).

Le départ du coach, Laurent Salvaudon (parti chez SFR Sport), a forcément un impact ?
Ce départ induit une évolution, oui, parce qu’il était là au lancement, comme Stéphane Guy. Mais toutes les équipes poursuivent l’excellent travail qu’il a mis en place. L’idée étant que l’abonné s’y retrouve et continue à prendre du plaisir. Depuis le départ, le téléspectateur se dit « J+1, c’est différent », alors il doit impérativement garder cette sensation. Et pour cela, il y a une équipe extraordinaire, avec un état d’esprit « J+1 ».

«Un match peut être regardé 2 ou 3 fois, à plusieurs vitesses»

Un état d’esprit « J+1 », ça se matérialise comment ?
C’est l’état d’esprit Canal, ce qui fait la réussite de la chaîne. C’est une volonté de proposer des choses qui n’existent pas ailleurs. Dans les équipes de « J+1 », par exemple, nos journalistes regardent parfois deux à trois fois le même match. Le match du dimanche soir, que l’on veut proposer à chaud, quelques minutes seulement après le coup de sifflet final, est visionné par un ou deux journalistes, sans commentaire, juste avec le son d’ambiance. Le match est souvent regardé à plusieurs vitesses. Voilà, c’est ça l’ADN de « J+1 », regarder le foot différemment.

Ce qui est amusant, c’est de voir les journalistes de Canal, qui sont sur le terrain, se prendre au jeu pour le compte de l’émission…
Mais c’est ça qui est génial : tous les journalistes du groupe se sentent impliqués. Quand ils sont sur un terrain de Ligue 1, à l’autre bout de la France, et qu’un joueur fait une faute de français au cours d’une interview, il se dit « Ah, ça, c’est bon pour ‘Bande de conf’ ! ». C’est la marque Canal+, tout le monde apporte quelque chose et travaille dans cette même couleur.

Pour permettre à « J+1 » de se consoler du départ de Zlatan, l’OGC Nice a fait un joli cadeau à l’émission en faisant venir Super Mario Balotelli !
Ça ne sera pas facile de remplacer Ibra mais c’est vrai que Balotelli est un véritable personnage. J’ai beaucoup travaillé sur le championnat anglais auparavant donc j’ai pu le voir évoluer, notamment lorsqu’il est arrivé à Liverpool. Les supporters n’en gardent pas un bon souvenir… Mais j’adore ce joueur. Il a un talent incroyable, c’est indéniable. Et c’est un garçon à qui il arrive toujours quelque chose. Comme à « J+1 », on adore raconter des histoires, je pense qu’on va se régaler avec celles de Balotelli en Ligue 1.

«Cazarre se présente face caméra sans feuille ni prompteur! Je le soupçonne même d’improviser des blagues…»

Vous pensez que Balotelli peut compenser un Ibrahimovic ?
Sur le terrain, je ne pense pas, Ibra a marqué énormément de buts. Côté frasque, Balotelli est plutôt « calme » sur le terrain. C’est souvent en dehors qu’il se passe des choses. Mais comme Ibrahimovic, ce sont des personnes qu’on aime ou qu’on déteste, des gens qui ne laissent personne indifférent.

De Mario Balotelli à Éric Carrière il n’y a qu’un pas, c’est évident. Osons le franchir en parlant des incontournables palettes : quand on écoute Éric, on se dit qu’il aurait vraiment sa place sur un banc de Ligue 1. Non ?
(Soupir) Éric, c’est un véritable bonheur de l’avoir, vraiment. Oui, en effet, je pense qu’il rendrait plus que des services à un grand nombre de clubs français… Ses palettes sont extraordinaires. Il a une capacité d’analyse et de précision hors du commun. Quand j’écoute Éric Carrière, ou Paul Le Guen, j’apprends toujours quelque chose. Il n’y a pas si longtemps, je regardais jusqu’à 7 matchs par week-end. Même après ça, quand j’écoutais Éric ou Paul, je découvrais des choses… C’est un vrai plus pour l’émission et pour les abonnés.

Difficile de parler de « J+1 » sans évoquer Julien Cazarre. Est-ce que vous avez la volonté de lui donner plus de libertés ou ce serait dangereux pour tout le monde ?
Julien Cazarre, c’est lui-aussi un talent incroyable. Déjà, il faut savoir que je n’ai pas de regard sur ce qu’il prépare pour l’émission. Comme le téléspectateur, je découvre totalement ! C’est un immense comédien, il ira très loin. Il a un sens de la répartie hallucinant. Il faut savoir que lorsqu’il arrive pour sa chronique, il se présente face caméra sans feuille ni prompteur ! Il a bossé avant, bien sûr, mais il y va sans support. Et je le soupçonne même d’improviser certaines choses, d’inventer des blagues au moment où les images sont diffusées… Il est très fort, il a toutes les libertés qu’il souhaite. Quand il arrive sur le plateau, c’est instantané, tout le monde a le sourire. Le public, les équipes techniques, nous à l’antenne… Cet été, il est venu dans l’émission des Jeux Olympiques que je co-présentais pour faire un petit débrief à la Cazarre. Il n’y avait pas de public. Mais à la fin de son débrief, tout le monde a applaudi ! Les cadreurs, les preneurs de son, les journalistes : on était tous pliés… Voilà, c’est ça l’effet Cazarre. C’est un génie.