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Rugby

Rugby - Califano : «Le Top 14 sans Boudjellal, ça va être fade…»

par Alexis Bernard

Incontournable figure médiatique du rugby français, Christian Califano a relevé l’audacieux challenge proposé par Eurosport 2. Une émission dans son jus, en noir et blanc, pour parler vendredi (19h15) de l’actualité du Top 14 et de la ProD2 : « Les Tonton Flanqueurs ». Le maître de cérémonie nous en explique les rouages et balaye, avec la tonalité « sans filtre » du programme dont il est le capitaine, l’actualité du rugby français.

Pour les amoureux d’Eurosport 2 qui seraient devant leur écran un vendredi, à 19h15, pas besoin de régler la couleur du téléviseur, l’émission est en noir et blanc. Question originalité, voilà un choix audacieux !
C’est une volonté de la chaîne, et je la trouve très bonne, de vouloir proposer autre chose et de se démarquer de l’offre rugby existante. En plus du ton différent, dont on parlera sûrement après, la chaîne voulait aussi marquer le coup avec un format résolument différent ce qui peut être fait ailleurs. Toutes les chaînes de télé ont maintenant leur émission, donc si c’est pour faire la même chose, autant ne rien faire. Là, on propose, on ose, on innove. Et les premiers retours, des acteurs du rugby comme des fans de rugby ou des bénévoles est excellent. C’est une très bonne nouvelle. Et puis je ne cache pas que le noir et blanc m’amincit, donc tout est parfait (rire) !

Ce ton, parlons-en maintenant ! Quand « Cali » est à l’antenne, on se lâche, on dit tout ce qu’on pense ?
Là encore, c’est un gros challenge. On part du principe que tout le monde a le droit de tout dire. C’est notre ton à nous, notre marque de fabrique. Mais attention, personne n’est là pour faire le buzz, surtout pas. On est tous là pour dire les choses, pas pour blesser les gens. On peut parler des sujets qui fâchent mais dans le respect des personnes. Et chez les « Tontons Flanqueurs », tout le monde a un droit de réponse. Ce n’est pas le cas dans la plupart des émissions où on balance sans offrir la possibilité à la personne visée de répondre ou de se défendre.

Avec cette liberté de ton, vous n’avez pas peur des dérapages ?
Non, parce qu’autour de moi, j’ai des mecs intelligents. On est tous sur le mode sans filtre, on refuse d’avoir un discours polissé mais toujours dans le respect des personnes.

Une petite présentation des équipes qui vous accompagne, votre dream-team ?
Chacun à son rôle. Christophe (Monisera) est assez tranchant, rarement dans la demi-mesure. Il fait un bien fou à l’émission avec ses prises de position. Raphaël Poulain est plus dans un registre décalé. J’ai appris à le découvrir, je l’adore… Il faut qu’il parvienne à conserver son originalité et à être notre électron libre. Ensuite, j’ai deux personnalités plus… modératrices je dirais. Attention, ils ne sont pas consensuels mais ils ont un côté plus pondérant : Olivier Magne et Jérôme Thion. Leur expertise technique est un régal.

Et vous à la présentation, un job que vous connaissez bien. Une petite pression supplémentaire, malgré tout ?
C’est toujours le cas quand on propose quelque chose de nouveau. Mais je remercie vraiment Jérôme Papin et Guillaume Di Grazia d’avoir cru en moi pour cette émission. Cela fait 8 ans que je fais de la télévision, souvent dans un rôle de consultant. Ils ont insisté pour me « sortir » de ce registre et je me régale.

« Avec Mourad, on fait souvent du trampoline ! »

L’actualité, c’est Mourad Boudjellal qui annonce son prochain départ du RCT mais également du rugby. Très mauvaise nouvelle, non ?
Mourad… J’aime vraiment ce genre de personnes. Déjà parce qu’il nous donne beaucoup de boulot (rire). Mais surtout parce que j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect pour les gens qui s’investissent autant dans le rugby. C’est pareil pour Jacky Lorenzetti et tant d’autres. Ces gens-là méritent tous notre respect. Après, avec Mourad, c’est toujours pareil : ça monte, ça descend, ça remonte, ça redescend. Il nous fait souvent du trampoline !

Mais visiblement, cette fois, il a l’air déterminé à partir…
Je ne le connais pas personnellement, mais un peu quand même maintenant. Mourad, c’est un homme de challenge. Quand il a pris le RCT, il n’y avait presque rien au club. Il est capable de tout. Quand j’ai vu Bernard Laporte arriver à Toulon, je me suis dit : « Mais comment ils vont faire… ? Deux caractères comme ça, dans la même écurie, mais ça va péter ! ». Et puis ils ont construit une équipe… N’importe quel joueur au monde aurait rêvé d’y jouer.

Si Mourad Boujellal dit vrai, et qu’il s’en va, on va vite s’ennuyer…
Le Top 14 sans Mourad Boudjellal, ça va être fade… S’il part, ça laissera un grand vide, c’est sûr. Mais attendons de voir ce qu’il va se passer.

Fabien Galthié est-il l’entraîneur dont a besoin le RCT ?
C’est difficile à dire. Son nom a été évoqué, tout est possible, mais la saison a commencé donc ce serait pour la suivante. Après, le métier d’entraîneur n’est plus du tout le même. Avant, un coach proposait un projet et avait 3 à 5 ans pour le mettre en place. Maintenant, c’est le résultat dans l’immédiat, il faut être opérationnel de suite.

« La Rochelle n’a pas la ligne de trois quarts la plus épaisse mais qu’est-ce que ça pue le rugby ! »

La Rochelle, équipe surprise de ce début de saison, vous pensez que ça va durer ?
Désolé, je ne peux pas être objectif sur La Rochelle… Il y a mes amis, Xavier Garbajosa et Patrice Collazo. Je suis le plus mal placé pour pouvoir en parler. Mais c’est vrai que ce qu’ils font est bluffant. Il va vite falloir que La Rochelle les mette au chaud et les verrouille parce que très rapidement, des clubs vont avoir envie de les faire voyager. On parlait de chance au départ pour qualifier leur bon début de saison. Sauf que là, la chance, elle commence à durer… La Rochelle n’a pas la ligne de de trois-quarts la plus épaisse mais qu’est-ce que ça pue le rugby ! C’est aussi le signe d’un changement. Le physique a pris le pas sur le contournement, peut-être que ça sonne la fin des gros gabarits.

Le 10 octobre il y a la traditionnelle nuit du rugby, qui va récompenser le meilleur joueur de la saison passée. Dan Carter, Johan Goosen et Josua Tuisova sont nommés. Votre vote ?
La logique veut que ce soit notre ami Danny. Et je pense que ça va être lui. C’est l’homme en forme, la pièce maîtresse du Racing, qui a gagné le championnat. Donc Dan Carter.

Et en ce début de saison, s’il fallait citer un joueur. Un coup de cœur, une surprise ?
Sans hésiter : Thomas Ramos, le petit de Colomiers. C’est mon chouchou, j’adore ce joueur.